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La zone de santé de Bunyakiri, dans le territoire de Kalehe, fait face à une flambée inquiétante de rougeole, une maladie pourtant évitable par la vaccination. Le mardi 18 novembre, le Médecin Chef de Zone (MCZ) a tiré la sonnette d’alarme et appelé la population à une vigilance accrue, au moment où 26 aires de santé rapportent des cas suspects, touchant principalement des enfants.

Une épidémie alimentée par les déplacements massifs

Selon le MCZ Marcus Chiralo, la situation est particulièrement critique dans l’axe Ziralo, épicentre de cette résurgence. Cette zone accueille depuis plusieurs mois un afflux important de déplacés internes fuyant les violences dans les groupements voisins et dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Ces déplacements répétés fragilisent les familles et perturbent l’accès des enfants aux soins de santé de base.

« Beaucoup d’enfants touchés par cette épidémie sont ceux qui n’ont jamais reçu le vaccin contre la rougeole ou qui n’ont pas pu compléter leur calendrier vaccinal à cause de la mobilité continue des ménages », explique le médecin.

Des structures sanitaires débordées et sans moyens

Dans la zone de santé de Bunyakiri, les structures sanitaires fonctionnent avec des ressources extrêmement limitées. Marcus Chiralo déplore une pénurie généralisée d’intrants médicaux, ce qui complique encore davantage la prise en charge des cas.

« Nous observons depuis quelque temps une multiplication des cas de rougeole. Malheureusement, nous n’avons aucun partenaire pour nous fournir des médicaments. Aucune campagne de vaccination n’est en préparation pour tenter de stopper la maladie dans la zone », regrette-t-il.

Dans certains centres de santé, les infirmiers se retrouvent contraints de renvoyer les parents sans traitement adéquat, faute de médicaments essentiels. Pour les familles déplacées, déjà frappées par l’insécurité alimentaire et l’absence d’abris décents, cette situation représente un fardeau supplémentaire.

Un appel urgent à l’action humanitaire

Face à cette crise silencieuse, le MCZ appelle les organisations humanitaires et les partenaires du secteur médical à intervenir rapidement. Les besoins urgents incluent : des vaccins contre la rougeole, des médicaments pour la prise en charge des complications, du matériel de prévention, un appui aux structures sanitaires débordées, une assistance ciblée aux familles déplacées.

« Les déplacés vivent dans des conditions difficiles. Sans un appui rapide, nous risquons d’enregistrer davantage de décès évitables », alerte le médecin.

Une alerte lancée depuis avril

Les premiers cas suspects de rougeole avaient déjà été signalés en avril dans le groupement de Ziralo. Mais faute de réponse rapide, la maladie s’est propagée dans toute la zone de santé.

Aujourd’hui, la rougeole menace des milliers d’enfants dans une région déjà fragilisée par les conflits et les déplacements. Les autorités sanitaires espèrent qu’un soutien rapide permettra d’éviter le pire.

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