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À Bukavu, les marchés croulent sous des produits alimentaires périmés, menaçant la santé des habitants du Sud-Kivu. Jus, conserves, farine ou biscuits… rien n’échappe à cette invasion silencieuse. Pourtant, là où la population attendait la vigilance de la Ligue des Consommateurs des Services au Congo-Kinshasa (LICOSKI), c’est un silence inquiétant qui règne. La Licoski a-t-elle réellement abandonné la lutte ?

Il fut un temps où la Licoski n’était pas une structure comme les autres. Jadis, elle imposait sa voix face aux dérives commerciales et défendait les droits des consommateurs avec détermination. On se rappelle de sa lutte contre la Regideso lorsque la desserte en eau potable à Bukavu devenait un casse-tête quotidien. Des descentes sur le terrain, des rencontres avec les autorités et des rapports publics : la Licoski savait se faire entendre. Mais aujourd’hui, ce dynamisme semble avoir disparu, laissant un vide préoccupant au moment où la population a le plus besoin d’elle.

Mercredi 19 novembre 2025, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile, noyau communal de Bagira, a tiré la sonnette d’alarme. « Nous voyons chaque jour des jus en bouteilles plastiques périmés, du lait, des biscuits, de la farine… tout cela envahit nos marchés ! », s’indigne Jean-Claude, un habitant de Bagira. Pour lui, la santé des consommateurs est mise en danger, et l’absence de réaction des autorités inquiète.

Cette situation ne concerne pas seulement Bukavu. Les populations des territoires avoisinants Mwenga, Shabunda, Kabare, Kalehe ou Idjwi se fournissent régulièrement dans les marchés de la ville. « Mon enfant a failli tomber malade après avoir consommé du lait périmé acheté à Bagira », confie Marie-Louise, habitante de Kalehe déplacée à Bukavu. Le problème prend donc des proportions régionales, et le silence de la Licoski exacerbe l’inquiétude des citoyens.

La Licoski face au silence
« Où est passée la Licoski ? », s’interroge un commerçant sous couvert d’anonymat. « Avant, ils étaient partout, sur les marchés, dans les administrations… Aujourd’hui, plus rien. » Les habitants semblent partagés entre la colère et la déception. Le vide laissé par cette organisation renforce l’impunité de certains vendeurs, qui continuent à écouler des produits impropres à la consommation sans crainte de sanction.

Plusieurs consommateurs expriment leur exaspération. « C’est inadmissible que nos enfants soient exposés à de tels produits », déclare Véronique Mupenzi, mère de famille. « Nous demandons des inspections régulières et des sanctions sévères », renchérit Aimé Kabongo, un autre habitant. Ces témoignages soulignent la gravité de la situation et l’urgence d’une réaction institutionnelle.

Face à cette crise, les regards se tournent vers les autorités locales et les structures de défense des consommateurs. La Licoski pourra-t-elle retrouver sa voix et reprendre le flambeau pour protéger les habitants du Sud-Kivu ? Ou ce silence prolongé scellera-t-il le destin sanitaire des marchés de Bukavu ? Le temps presse, et la population attend désormais des réponses concrètes pour que les étals de Bagira cessent d’être synonymes de danger.

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