
Dans une finale à couper le souffle disputée à Rabat, la RDC a renversé le Nigeria (1-1, 4-3 TAB) et arraché son billet pour le tournoi de barrage intercontinental. Un exploit monumental qui relance le rêve mondialiste des Léopards, désormais attendus en mars 2026 pour défier notamment la Bolivie et la Nouvelle-Calédonie, dans une bataille acharnée pour les deux derniers tickets du Mondial 2026.
La soirée avait pourtant commencé dans la stupeur. Dès la 3e minute, une relance manquée profitait à Frank Onyeka, dont la frappe, déviée par Tuanzebe, trompait Lionel Mpasi. « On a senti le silence nous tomber dessus, mais on n’a jamais douté », confiera après la rencontre le capitaine Chancel Mbemba, illustrant l’état d’esprit d’un groupe qui a refusé de sombrer. Malmenés dans tous les compartiments du jeu, les Léopards survivront aux assauts de Lookman, Chukwueze et Ndidi, dans un premier acte totalement dominé par les Super Eagles.
Mais le tournant éclate à la 32e minute, lorsque Meschack Elia, héroïque, récupère un ballon haut avant de servir Bakambu, qui lui redonne un centre parfait au second poteau. L’égalisation libère les Congolais et renverse l’atmosphère. « J’ai senti que le match basculait à ce moment-là. On a retrouvé notre âme », souffle Sébastien Desabre. Juste avant la pause, Elia provoque un nouveau coup franc dangereux, signe que la RDC a enfin pris le rythme d’un duel jusque-là à sens unique.
Le Nigeria, affaibli par la sortie prématurée de Victor Osimhen à la pause, commence à reculer. Les Congolais montent en puissance et enchaînent les occasions : Sadiki, Mukau puis Mayele font trembler une défense nigériane essoufflée. « On les sentait touchés physiquement. Chaque accélération les déstabilisait », explique Bakambu, très précieux dans sa capacité à créer du danger. Rabat vibre alors au rythme des vagues offensives congolaises, même si le but victorieux refuse d’apparaître.
La fin du temps réglementaire devient étouffante. Nwabali frôle la catastrophe sur un dégagement tardif, tandis que Cipenga multiplie les percées et centres brûlants. Wan-Bissaka tente même un geste acrobatique à la 88e minute. Mais rien n’y fait : la décision se jouera aux tirs au but, dans un stade devenu une caisse de résonance de tension. « Quand on a vu que tout se décidait aux TAB, on s’est parlé. On s’est dit : on ne rentre pas sans cette victoire », révèle M’Pasi.
Alors vient la séance fatidique. Trois arrêts déterminants, quatre tirs congolais maîtrisés, et un dernier penalty transformé qui fait exploser de joie le camp des Léopards. Sur la pelouse, les joueurs s’effondrent, certains en larmes, d’autres hurlant leur délivrance. « C’est un acte fondateur. On a montré qu’on était capables de survivre, de souffrir et de renverser un géant », déclare Elia, épuisé mais rayonnant. Les Nigérians, eux, sortent abasourdis, incapables de reproduire leur maîtrise du premier acte.
Ce triomphe ouvre désormais une nouvelle page : la RDC disputera en mars 2026 un tournoi intercontinental à six équipes, avec deux tickets mondiaux à la clé. Les Léopards y retrouveront notamment la Bolivie et la Nouvelle-Calédonie, dans une épreuve où la moindre erreur sera fatale. Mais pour l’heure, l’instant est à la fierté et à l’espoir retrouvé. « Ce soir, nous avons gagné plus qu’un match : nous avons gagné la certitude que rien n’est impossible », conclut Desabre. Et avec une telle foi, la route vers le Mondial 2026 semble plus ouverte que jamais.
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