0 3 minutes 3 semaines

Kinshasa a encore frappé par une décision déconnectée de la réalité du terrain : l’introduction de l’anglais à l’Exetat dès la session 2026. Une mesure qui, loin de préparer les élèves à un monde globalisé, semble plutôt destinée à compliquer inutilement leur parcours scolaire et à creuser les inégalités. Dans des territoires comme Walungu, Kalehe ou d’autres régions rurales, les écoles restent fermées à cause des affrontements armés, les enseignants ne sont pas payés, et la qualité de l’enseignement laisse souvent à désirer. Et pourtant, Kinshasa impose une épreuve orale dans une langue que beaucoup d’élèves n’ont jamais apprise correctement.

Il est insensé de vouloir mesurer la maîtrise de l’anglais alors que des milliers d’enfants n’ont jamais été exposés à cette langue, faute de manuels, de cours réguliers et de professeurs qualifiés. Cette décision ne tient aucunement compte de la réalité éducative de notre pays. Au lieu de chercher à adapter l’enseignement aux conditions locales, le ministère choisit d’imposer un standard uniforme qui favorisera uniquement les élèves des grandes villes et des écoles privées, laissant sur le carreau ceux des zones sinistrées.

Les autorités congolaises semblent ignorer que l’Exetat doit être un outil de certification équitable et non un instrument de sélection punitive. Introduire l’anglais à un niveau oral exige une préparation rigoureuse, des enseignants formés et des ressources adaptées autant d’éléments qui font cruellement défaut dans de nombreux coins du pays. Cette mesure ne fera qu’aggraver les disparités et retarder la scolarité de milliers d’enfants déjà fragilisés par la pauvreté et les conflits.

Kinshasa semble préférer l’affichage de modernité linguistique à la véritable amélioration de l’éducation. Plutôt que de renforcer les langues officielles maîtrisées par tous, de payer les enseignants, d’ouvrir les écoles fermées et d’assurer un enseignement de qualité, le ministère choisit la précipitation et l’arbitraire. Les élèves congolais paieront le prix fort de cette décision irréfléchie.

Il est temps que Kinshasa comprenne que l’éducation n’est pas un terrain pour des mesures symboliques ou politiques. Chaque réforme doit être réfléchie, réaliste et adaptée aux réalités du pays. L’introduction de l’anglais à l’Exetat 2026, dans ces conditions, est tout simplement injuste, irréfléchie et scandaleuse. Nos enfants méritent mieux qu’un examen qui les condamne avant même qu’ils aient pu se préparer.

About The Author


En savoir plus sur L'ESSENTIEL RDC

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *