
Alors que les consommateurs font face à une crise socio-économique sans précédent, les marchés de Bukavu semblent résister aux hausses spectaculaires. Seul le plateau d’œufs a connu une baisse notable, mais pour le reste, semoule, riz, sucre et viande maintiennent leurs prix historiques, suscitant à la fois soulagement et inquiétude chez les consommateurs.
Dans les marchés de Bukavu, la tension économique est palpable. Pourtant, les prix des denrées de première nécessité restent globalement stables. Le plateau d’œufs, autrefois fixé à 12 000 FC, est désormais vendu entre 10 000 et 9 000 FC, offrant un léger répit aux ménages. « Même si c’est une petite baisse, chaque franc compte pour nous », confie Mme Nyiranzamwita, mère de trois enfants, en faisant ses courses au marché central.
Les autres produits alimentaires semblent figés dans le temps. La semoule se vend toujours à 23 dollars américains pour 25 kg, tandis que le riz varie entre 20 et 25 dollars pour la même quantité. Le sucre reste à 4 000 FC le kilo et la viande rouge ou blanche est stable à 5 dollars le kilo. Pour les consommateurs, cette stabilité est un soulagement, mais elle soulève aussi des inquiétudes sur la capacité du marché à absorber une hausse future.
Les légumes et fruits frais, essentiels pour la nutrition, connaissent également peu de variations. Une botte de feuilles de manioc se négocie à 1 000 FC, tandis qu’une petite bassine de tomates fraîches ou une botte d’oignons se vendent à 6 000 FC chacune. « Nous espérons que ces prix tiendront jusqu’à la fin de la saison, sinon la situation deviendra insoutenable », commente Jean-Baptiste, un vendeur de légumes au marché de Kadutu.
Pour les produits protéinés et laitiers, la stabilité se poursuit avec quelques légères fluctuations. Une mesurette d’haricots verts appelée localement « Murongo » se vend entre 4 000 et 4 500 FC, alors que les haricots blancs atteignent 6 000 FC. Un demi-kilo de lait en poudre coûte 18 000 FC, et le poisson frais du lac Kivu élevé en cage est vendu à 3,3 dollars le kilo. Les consommateurs restent vigilants : « Les prix sont stables pour l’instant, mais nous craignons les hausses prochaines », confie Paul, restaurateur dans le quartier Ndendere.
Les produits salés et transformés affichent également des tarifs inchangés. Un poisson salé grand format est vendu à 10 dollars américains et le poisson frais surgelé oscille entre 6 000 et 7 000 FC le kilo. Même le sac de braises, indispensable pour la cuisson, varie entre 25 et 40 dollars. Cette stabilité relative apporte un léger soulagement dans un contexte où le coût de la vie ne cesse de grimper ailleurs.
Malgré cette apparente constance des prix, les habitants restent prudents. L’accès aux produits de première nécessité demeure un défi pour de nombreuses familles à faible revenu. « Nous devons encore faire attention à nos dépenses, car toute fluctuation pourrait bouleverser notre budget », conclut Aline, mère de famille, en regardant les étals du marché. Dans ce climat d’incertitude, la population de Bukavu scrute chaque variation des prix, espérant que la stabilité observée soit durable.
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