
À Bukavu, les personnes vivant avec handicap crient leur détresse. Dans un contexte économique difficile, elles dénoncent l’indifférence de la communauté et racontent leur quotidien semé d’embûches. Une voix qui interpelle les consciences.
Dans les rues de Bukavu, certains regards traduisent une souffrance invisible. Pour les personnes vivant avec handicap, la vie quotidienne est un combat sans relâche. « Nous avons l’impression d’être invisibles aux yeux de tout le monde », confie Joseph M., malvoyant depuis l’enfance. La crise économique amplifie leur isolement, rendant chaque jour plus lourd à supporter.
La précarité touche tous les aspects de leur vie. De l’accès à la santé aux besoins alimentaires, tout devient un parcours semé d’obstacles. « Je dépends entièrement de la charité de mes voisins, mais certains refusent même de m’aider », témoigne Grace B., femme à mobilité réduite. Ces témoignages mettent en lumière l’indifférence qui prévaut dans la ville.
Selon les associations locales, la situation est alarmante. « Nous avons des dizaines de cas où des personnes handicapées n’ont plus rien à manger et dorment dans des conditions déplorables », explique une responsable d’une ONG de soutien aux personnes vulnérables qui a requis l’anonymat. La communauté semble tourner le dos à ceux qui ont le plus besoin d’aide.
La réaction de Jean-Baptiste montrent une certaine inquiétude, mais peu de mesures concrètes sont prises. « C’est triste de voir que nous sommes oubliés même quand la misère frappe », déplore-t-il, atteint de paralysie partielle. Ces cris d’alerte restent souvent sans réponse.
Des initiatives isolées tentent de combler le vide. Des voisins, des commerçants et quelques bénévoles apportent ponctuellement leur soutien. « Hier, un jeune m’a offert un repas chaud, c’était un soulagement », raconte Alice K., mais ces gestes restent rares et insuffisants face à l’ampleur des besoins.
L’appel des personnes vivant avec handicap est clair : reconnaissance, inclusion et assistance. Bukavu doit tendre la main à ceux qu’elle abandonne dans la détresse. « Nous voulons juste vivre dignement, sans être un poids pour la société », conclut Joseph, la voix chargée d’espoir et de douleur.
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