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Héros d’une soirée suffocante, Chancel Mbemba a offert à la RDC une qualification historique en finale des barrages du Mondial 2026 grâce à un but tardif face au Cameroun (1-0), jeudi 13 novembre. Un geste de leader qui porte les Léopards vers un duel explosif contre le Nigeria, dimanche 16 novembre. Portrait d’un capitaine devenu symbole.

Chancel Mbemba n’a pas seulement marqué un but : il a incarné une renaissance nationale. Dans une rencontre verrouillée, où chaque contact semblait peser une tonne, le défenseur de l’OM et capitaine des Léopards s’est une nouvelle fois élevé au-dessus de la mêlée. À la 90+1 minute, son surgissement dans la surface camerounaise sur un corner bien tiré n’est pas qu’un geste technique : c’est un acte de commandement. « Je savais qu’on avait une dernière balle à jouer. Je ne pouvais pas la laisser passer », raconte-t-il, encore haletant au coup de sifflet final.

Depuis plusieurs années, Mbemba s’est imposé comme le cœur battant de cette sélection. Calme, accessible, profondément respecté, il est celui que les jeunes appellent « Papa Chancel » dans le vestiaire. Jeudi soir, il a montré pourquoi. Face à des Lions Indomptables rugueux et dominateurs, il a tenu la défense comme un patron, relançant proprement, recadrant ses coéquipiers, maintenant l’équipe dans le match lorsque la tempête camerounaise s’abattait. « Quand Chancel parle, tout le monde écoute », confie Lionel Mpasi, le gardien auteur d’arrêts décisifs. « On savait qu’il aurait un rôle dans ce match. Mais là… il nous a sauvés. »

Autour de lui, la bataille fut rude. Le Cameroun a multiplié les offensives, forçant Mbemba à serrer les dents, notamment face à Mbeumo ou Toko Ekambi. À plusieurs moments, il a harangué ses partenaires pour rester concentrés. « À la 75e, il m’a dit “On va le faire, tiens juste encore”. C’était un vrai capitaine », témoigne Arthur Masuaku. Ce leadership instinctif, forgé entre Kinshasa, Anderlecht et l’OM, est devenu une arme aussi tranchante que son pied droit.

Le but victorieux, lui, raconte la précision d’un joueur qui aime les grands rendez-vous. Sur le corner, Mbemba lit parfaitement la trajectoire, résiste à son vis-à-vis et déclenche un plat du pied rageur qui trompe complètement le gardien camerounais. Le stade bascule. Le banc explose. « J’ai crié sans réfléchir. C’est comme si le temps s’était arrêté », raconte Yoane Wissa. Les supporters, eux, parlent déjà d’un but « pour l’histoire ». Un geste qui renverse un match tendu comme un fil, où la RDC semblait destinée à jouer sa qualification en prolongation.

Mais si Mbemba fascine tant, c’est aussi par son rapport avec son pays. Né à Kinshasa, passé par des débuts chaotiques, souvent critiqué, jamais abattu, il est devenu un symbole de résilience. « Ce garçon porte le Congo dans son cœur. Quand il joue, tu sens qu’il pense à toute une nation », analyse un ancien Léopard, Gabriel Zakuani. Ce sentiment, Mbemba ne l’a pas caché après le match : « Ce but, c’est pour nos gens. On veut emmener le drapeau encore plus loin. »

La RDC se prépare maintenant à une finale brûlante contre le Nigeria, tombeur du Gabon. Les Super Eagles arrivent lancés, mais les Léopards ont trouvé leur phare : un capitaine qui guide, rassure et frappe quand il faut. Dimanche, Mbemba jouera peut-être le match le plus important de sa carrière. Et si l’histoire doit encore basculer, il est prêt à en écrire la suite.

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